Pour ce WE, il est prévu une grosse soirée avec 30 internes dans le carbet de Jean Charles (un interne depuis quelques temps en Guyane) au milieu de la forêt à plus de 30 min de pirogue de toute habitation.
En ce qui me concerne, je suis parti avec Jean Charles, le propriétaire du carbet, et sa copine Virginie le vendredi 7 AM pour aider un peu avant l’arrivée du gros de la masse. On part de Cayenne avec un kangoo plein a craquer de bouffe, matériel de cuisine, boissons…. La garde au sol est comment dire assez basse. Et sur ce, on rajoute une remorque avec une pirogue de 7m et encore de la bouffe dedans. Après une prière de Jean Charles pour passer 2 grosses côtes sur le trajet, on est parti. Les côtes sont finalement passées … avec un bon élan puis en première pied au plancher (j’en rajoute peut être un peu).
Au bout de 2 heures de route, on arrive à Regina, un petit village au bord de l’Approuage, un gros fleuve. On met la pirogue à l’eau, on commence à la charger et à se demander si à trois dedans plus la bouffe, on ne va pas couler. C’est cool, on va arriver au carbet avant la nuit.
Et bien non c’est raté, un villageois vient nous voir en courant car une femme est en train d’accoucher et, bien sur, il n’y a pas de médecin sur place. Jean Charles et Virginie, qui est sage-femme, vont aider la future maman.
Au final, la femme est transférée sur Cayenne et nous pouvons partir mais il ne reste plus que 30 min de jour pour un trajet en pirogue de 1 heure. Cool, c’est parti pour une navigation de nuit dans la forêt amazonienne et, bien sur, pour nous faciliter la tâche, une petite pluie.
On est à peu près éclairé par la lune, plus une bonne lampe pour éclairer les rives. Et avant d’arriver au carbet, c’est un peu chaud car on doit passer un saut (c'est-à-dire un petit rapide) assez dangereux. Jean Charles le pilote est tendu surtout qu’il me demande d’éclairer une île que je ne vois pas, ce qui n'arrange pas bien les choses. Enfin, on passe le saut et on appelle les 2 gardiens du carbet pour qu’ils éclairent la zone où accoster.
On est afin arrivé et chaleureusement accueilli par Jeff et Titi les gardiens du temple amazonien avec un blaff de poisson du fleuve. Jeff est charpentier, un chasseur de papillon diurne. Il est super cool, connaît bien la foret, il y vit depuis longtemps et comme il dit « il faut bien un café blanc pour décoller » c'est-à-dire un bon verre de rhum avec décollage multiple les 24H d’un jour. Titi est aussi super cool et très attentionné vis-à-vis des autres et de la nature mais il est difficile de le décrire, il faut le rencontrer.
Première nuit en hamac dans la forêt amazonienne : contrairement à ce que je m’attendais pas trop de bruit, pas trop de moustiques. Et puis j’étais pas mal fatigué donc j’ai dormi comme une masse et ce coup, je n’avais pas oublié mon sweet!

Mon hamac avec le ponton et le fleuve derrière.

Idem avec la pluie, ici ça fait pas semblant: en une micro seconde on est trempé jusqu’aux os.
La petite vue au levée dans le calme de la foret ; désolé pour la surexposition

Le carbet de Jean Charles
Alors le programme pour le matin est très sympa : construire un carbet pour que 10 personnes puissent dormir en hamac à 3 en environ 4 heures.
Sous la direction de Jeff, avec Jean Charles, nous partons avec nos machettes en forêt pour aller chercher le bois nécessaire. Bon, on a un peu triché pour les poteaux de soutien, on a fabriqué une extension du carbet construit et on a coupé les 2 autres à la tronçonneuse. Pour les transverses qui soutiendront les hamacs, on les a aussi coupé à la tronçonneuse. On a essayé de les couper à la manchette mais les bois choisis étaient tellement durs qu'en forçant comme une mule la machette s’enfoncait de 3 millimètres dans le bois et notre épaule était tombée par terre. Hormis ces quatre supports, tout a été coupé au coupe-coupe. A la limite, couper le bois, ce n'était pas le plus difficile, après il faut les sortir de la foret qui est super dense.
Après la coupe, de nombreux clous, quelques petits numéros d’équilibriste et de nombreux coups pour se réhydrater, le carbet est construit à temps.
Voici le résultat sans la bâche.

Après, en attendant l’arrivée des autres en milieu d’après-midi, c’est parti pour une petite ballade sur l’Approuage avec Virginie jusqu’à la petite île au milieu du saut tourépé. Le fleuve fait miroir avec la végétation qui l’entoure et le ciel.
On profite de l’arrivée des autres pour se faire remorquer jusqu’au carbet.
D’ailleurs une des pirogues prenait l’eau, ils ont été obligé d’écoper pendant toute la remontée du fleuve. Ce n'est pas de chance.

Le miroir de l’Approuage avec la petite île.
Apres avoir connu ce lieu calme et plein de quiétude, 30 internes débarquent. Ils font la même chose que j’ai fait en arrivant c'est-à-dire explorer les alentours proches mais ils sont 30 et crient pour s’appeler. Avec Titi, on se regarde, on regrette la tranquillité du matin.
Dans l’après-midi, avec Greg et Bertrand, on entreprend de construire une sorte de auvent pour protéger les tables de la pluie. C’est reparti pour une visite de la forêt avec la machette. On construit la structure puis on tend tant bien que mal la bâche au-dessus.
Pendant ce temps tout le monde installe son hamac où il peut. Finalement, il y a 24 hamacs dans le carbet principal et 8 dans le carbet construit.
Notre construction tient le coup même avec une grosse pluie mais des poches d’eau se forment sur la bâche: tout le monde les vide, en tapant sur la bâche avec ses mains ou un balai ou autre. On se croirait presque au stade vélodrome avec une ola.
Après un bon repas avec du poulet mariné à la guyanaise cuit au feu de bois la soirée commence pour se finir au petit matin.
Le lendemain, ouf! notre construction a tenu le choc avec les 8 hamacs.
On part avec Jeff faire un petit tour en foret. On n’a pas vu d’animaux mais il nous explique un peu la végétation que l’on croise. Je n'ai pas retenu grand-chose hormis un arbre qu’il appelle la vache a lait car lorsqu’on le coupe sa sève blanche très liquide coule et ils la boivent. J’ai goûté c’est pas top comme goût.
Avec trois autres internes, Bertrand, Florence et Sophie, nous profitons du temps avant le repas de mis pour faire un petit tour vers un petit marais avec des arbres qui ont des racines très belles comme une succession de demi-cercles de taille différente. Et bien sur, je n’ai pas pris mon appareil photo . On a entendu quelques oiseaux chanter mais impossible de les voir.
Petite session de vidange de pirogue pleine d’eau à craquer avec des saladiers avant le départ.
Voila je vais essayer de récupérer quelques photos sympa, on les mettra plus tard.